L’application du savon noir sur le visage implique des précautions souvent négligées, malgré sa popularité dans les routines de soins inspirées du hammam marocain. Certains types de peaux réagissent différemment à ce produit, entraînant des résultats variables qui dépendent de la fréquence d’utilisation et du respect des étapes de préparation et d’après-gommage.
Dans la réalité, beaucoup se contentent d’un simple gommage au savon noir, sans aller plus loin. Pourtant, ignorer les étapes complémentaires ou choisir des produits peu adaptés peut transformer un soin prometteur en source de déception, voire d’irritation. Des recommandations précises ont fait leurs preuves pour maximiser les vertus du savon noir sans compromettre l’équilibre de la peau.
Le savon noir marocain, aussi appelé Beldi, occupe une place à part dans la salle de bain, héritier direct du hammam marocain et de son savoir-faire. Il se distingue par sa composition : huile d’olive, olives noires macérées et potasse. Ni liquide, ni solide, il présente une texture de pâte sombre et une odeur marquée, bien loin des savons classiques. Ce qui fait sa force ? Sa teneur en vitamine E, acides gras essentiels et antioxydants, garants d’une peau souple, nourrie et protégée de la déshydratation.
Utilisé selon la tradition du hammam, le savon noir naturel s’applique après un passage à la vapeur. Ce préalable détend la peau, ouvre les pores et prépare l’épiderme à l’exfoliation. La gestuelle associe massage circulaire et, sur le corps, passage au gant kessa. Sur le visage, la main reste légère. Le résultat attendu : une exfoliation efficace, sans agresser le film protecteur naturel de la peau.
Deux grandes familles se partagent le marché. Le savon noir marocain, reconnu pour sa douceur et son pouvoir nourrissant, convient mieux aux peaux sèches ou sensibles. À ses côtés, le savon noir africain (Alata Samina ou Dudu Osun), enrichi de cendres végétales, cible les peaux mixtes à grasses, jusqu’aux peaux à tendance acnéique. Les maisons Charme d’Orient et Karamat Cosmetics proposent des variantes fidèles à la tradition maghrébine, parfois rehaussées d’huile essentielle d’eucalyptus ou de fleur d’oranger pour une touche aromatique supplémentaire.
Pour mieux cerner les atouts du savon noir, voici ce qui fait sa singularité :
- Exfoliant naturel : il élimine les cellules mortes et affine le grain de peau.
- Soin hydratant : l’huile d’olive protège et nourrit intensément.
- Rituel apaisant : il s’inscrit dans une routine complète, pour le corps comme pour le visage.
Quel protocole adopter avant et après le gommage du visage pour une peau éclatante ?
Avant de passer au gommage au savon noir, il vaut mieux préparer la peau. Une brume d’eau tiède suffit à la détendre : la chaleur ouvre les pores, assouplit la couche cornée et favorise l’action du savon noir marocain. Prendre une petite quantité de savon noir, idéalement d’origine naturelle, riche en huile d’olive, et l’étaler sur le visage. On évite scrupuleusement le contour des yeux et des lèvres. Puis on laisse agir deux à cinq minutes : le temps pour les antioxydants de pénétrer et pour la pâte de dissoudre les impuretés.
Le massage se fait avec les doigts, en mouvements circulaires, doux mais réguliers. Cette technique stimule la microcirculation sans brusquer l’épiderme. Pour exfolier, mieux vaut oublier le gant kessa sur cette zone délicate. À la place, une mousseline ou une serviette fine, humidifiée, permet de retirer les cellules mortes tout en douceur et de révéler un teint plus clair, sans rougeur excessive.
Une fois le visage rincé à l’eau fraîche, il suffit de sécher par petits tapotements. On poursuit par une eau florale, rose ou fleur d’oranger, afin de restaurer un pH équilibré. Reste à appliquer un soin hydratant : gel d’aloe vera, huile d’argan ou crème légère, selon les besoins. Ce rituel s’inscrit dans la durée, à raison d’une à deux fois par semaine en fonction de la réaction de la peau. Lorsqu’il est bien mené, le savon noir régule le sébum, limite l’apparition de boutons, ralentit le vieillissement et protège la barrière cutanée. Tout repose sur la précision du geste.
À la fin, la peau respire. Plus lumineuse, plus lisse, elle retrouve une fraîcheur palpable et un nouvel équilibre. Un simple rituel, mais qui change tout.


